Aliments Ultra Transformés : 5 questions pour tout savoir

    Aliments Ultra Transformés : 5 questions pour tout savoir

    Nuggets, pizzas surgelées, sodas, céréales du petit déjeuner… Les Aliments Ultra Transformés (AUT) sont partout dans nos assiettes. Ok, mais quels sont-ils ? Comment les identifier ? Sont-ils néfastes pour notre santé ? Faisons le point.

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    Nuggets, pizzas surgelées, sodas, céréales du petit déjeuner… Les Aliments Ultra Transformés (AUT) sont partout dans nos assiettes. Ok, mais quels sont-ils ? Comment les identifier ? Sont-ils néfastes pour notre santé ? Faisons le point.

    1. Qu’est qu’un aliment ultra transformé ?

    Ce sont des aliments fractionnés et recombinés, comprenant une liste (parfois longue) d’additifs utilisés par les industriels afin d’exacerber le goût, la couleur, la texture… Par exemple, des chips, des nuggets ou des cordons bleus, des céréales du petit déjeuner ou des jus de pomme industriels sont des aliments ultra transformés.

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    2. Pourquoi s’intéresse-t-on aux aliments ultra transformés?

    Parce qu’on se rend compte que l’alimentation n’est pas une suite de chiffres dans un tableau, alignant les protéines, lipides, glucides et vitamines sur l’étiquette. En 2009, des chercheurs brésiliens planchent sur l’effet de la (forte) transformation des aliments eu égard aux épidémies d’obésité et de diabète de type II. Les équipes de Carlos Monteiro développent alors la classification NOVA (nouveau, en portugais), qui distingue l’aliment en 4 catégories selon qu’il soit peu transformé, transformé ou hautement transformé. Reconnue par la FAO, cette classification a été popularisée par le chercheur à l’INRA Anthony Fardet, dans son livre « Mangeons vrai, halte aux aliments ultra transformés », aux éditions Thierry Souccar (2017).

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    3. Quels sont les 4 groupes d’aliments ultra transformés ?

    Groupe 1 : Les aliments frais ou peu transformés : les fruits et légumes, les légumineuses, le poisson ou la viande coupée et emballée, le lait pasteurisé, les œufs, le yaourt nature, les céréales brutes (riz, blé…), les champignons, les algues, les mélanges de fruits secs, le miel…

    Groupe 2 : les ingrédients culinaires transformés : les soupes, bouillons, conserves, salades, boissons, desserts, le beurre, les huiles végétales.

    Groupe 3 : les aliments transformés : on mélange le groupe 1 et 2 pour augmenter leur durée de vie : les aliments en conserve, les aliments fumés, les fromages, les pains pita, bière, vin, cidre. Ce groupe d’aliments peut contenir des additifs.

    Groupe 4 : les aliments ultra-transformés : des produits comprenant plus de 4 ou 5 ingrédients, qu’on ne comprend pas très souvent : protéines hydrolysées, amidons modifiés, huile hydrogénées, sirops d’ « oses » (glucose-fructose etc). Ce sont souvent des produits très agréables au palais, gras, salés, sucrés. Exemples : le pain de mie, les céréales extrudées et barres de céréales, les chips, les biscuits et gâteaux industriels, les bonbons, certains surgelés (pizza, croquettes…), sodas, saucisses, hamburgers…

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    4. Les aliments transformés sont-ils néfastes pour notre santé ?

    Bonne question. De précédentes études en Espagne, au Royaume-Uni ou aux États-Unis (dont les habitudes alimentaires sont particulières) avaient pointé du doigt les aliments ultra transformés dans un risque accru d’obésité, de maladies cardiovasculaires et de cancers. En France, une toute nouvelle étude* portant sur 44 351 personnes a mis en évidence qu’une hausse de consommation d’aliments ultra-transformés de 10% entraînait une hausse de mortalité, toutes causes confondues, de 14%. En cause, la piètre qualité nutritionnelle associée aux AUT (peu d’aliments « protecteurs » comme les fibres et les antioxydants), la présence répétée d’additifs, de contaminants et autres résidus de contacts. Ça paraît logique. Néanmoins, les résultats de cette étude, réalisée par le biais de questionnaires web (et donc, avec un risque d’erreurs possibles dans le classement des aliments par les internautes) pourraient être confirmés avec une autre méthodologie.

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    5. Finalement, on en fait quoi, des Aliments Ultra Transformés ?

    Ce que vous voulez, car à la fin de la journée, c’est (presque**) vous qui décidez. Le plus important, c’est d’agir en conscience. Effectivement, ces AUT sont des denrées énergétiques, comprenant peu d’aliments protecteurs, flattent votre palais pendant quelques secondes avant de s’incorporer à vos intestins (à vous, donc) et /ou de finir aux toilettes. Oui, ce sont souvent des produits maquillés comme une voiture volée. Un peu comme si l’on faisait une mauvaise photo (pas cadrée, floue, mal composée) et que l’on passait des heures à la retoucher, sans parler bien sûr du bilan environnemental des transformations successives et des emballages inutiles. Selon Anthony Fardet, ces produits se seraient taillés une part de choix (de lion ?) dans les supermarchés, allant jusqu’à 50 % des produits proposés. Lorsqu’on le peut, éviter d’y pénétrer permettrait de limiter la consommation de ce fameux groupe 4, les aliments munis d’un « poème » sur l’étiquette. Sinon, pour limiter les risques sur votre santé, le chercheur propose sinon de les consommer avec modération : pas plus de 15% de nos apports énergétiques quotidiens, soit environ 1 à 2 produits ultra transformés par jour.

    Charles Brumauld, journaliste et diététicien-nutritionniste

    * étude publié au journal Jama, consultable sur ce lien, pour les curieux/curieuses.

    ** « sommes-nous vraiment libres de nos choix »? Vous avez trois heures ! Ou 7 minutes pour lire cet article sur la prise de décision. 

    Crédit photo: pixabay

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