Bien manger c'est le début du bonheur

    Bien manger c'est le début du bonheur

    Vous ne regarderez plus jamais votre ventre de la même façon ! Cet été, sur les plages de sable fin, j’ai lu le best-seller de Giulia Enders, « le charme discret de l’intestin »*, ou Darm mit Charme pour les germanophiles, qui s’est écoulé à plus d’un million d’exemplaires Outre-Rhin. Bientôt médecin, cette jeune allemande s’est éprise d’un organe méconnu, notre intestin, suite à une maladie de peau à l’adolescence. Parent pauvre des études d’Hippocrate, délaissé au profit d’autres stars (cœur, cerveau, poumons…), ce dernier serait pourtant notre second cerveau. Loin des querelles intestines, l’ouvrage de Giulia Enders (aidée de sa sœur illustratrice) sous-titré « tout sur un organe mal aimé », se veut drôle, 100 % scientifique et très exhaustif (carnet scatologique, grand voyage de la nourriture…). Partial et donc partiel, j’ai sélectionné 5 choses que vous ne saviez pas sur la digestion.


    1. La digestion commence avec les yeux

    On ne voit bien qu’avec le cœur. Mais, la digestion, elle, n’a d’yeux que pour cette part de gâteau au chocolat, glacée à souhait de chocolat fondu. En une fraction de seconde, la rétine perçoit une « première impression », laquelle est envoyée au cortex visuel, situé au centre du cerveau. Très vite, il utilise les signaux nerveux pour élaborer l’image de ce tableau tout choco. Ce cliché alléchant file au centre salivaire, qui analyse cette information. Est-ce que je déteste le chocolat ? Est-ce que j’en raffole ? Affirmatif. Il déclenche alors la sécrétion de salive. On en a déjà l’eau à la bouche. Bizarre, on se sent déjà mieux ? Merci à l’opiorphine, une substance antalgique contenu dans la salive, produite en très petite quantité, et bien plus puissante que la morphine. De son côté, à la vue de ce beau gâteau, l’estomac sécrète un peu de suc gastrique, liquide permettant de mieux dégrader les aliments. 


    2. L’intestin influence notre comportement

    Certains messages passent du ventre à la tête : « alcoolémie élevée », « douleurs », « ballonnements ». Mais certains scientifiques supposent que l’intestin pourrait avoir un impact sur notre comportement. Le gastroentérologue Stephen Collins et son équipe ont mené l’expérience suivante : deux lignées de souris, l’une connue pour être plus craintive, l’autre plus téméraire. Les chercheurs ont administré aux rongeurs trois antibiotiques différents afin d’éradiquer la totalité des bactéries intestinales. Puis, ils ont transplanté les bactéries intestinales typiques de l’autre lignée, et inversement. Résultat ? Leurs comportements se sont inversés ! Les souris craintives étaient devenues curieuses, et les plus téméraires, prudentes ! Pour une application au genre humain, patientons, l’axe intestin-cerveau est un domaine de plus en plus étudié.

    En attendant, mettons à profit ce que nous savons déjà : pas de stress, pas de tensions pendant les repas. Le stress active des nerfs qui ralentissent et/ou inhibent notre digestion. Résultat ? Nous tirons moins d’énergie de ce que nous ingérons et l’intestin est davantage sollicité, lequel consomme une quantité d’énergie non négligeable. 


    3. L’intestin est (presque) propre !

    L’intestin grêle est l’organe le plus long du corps humain. N’en déplaise à Rocco S., celui-ci mesure de 3 à 7 mètres de long et n’est soutenu par… Rien ! Il bouge donc lors de mouvements brusques (saut de trampoline, décollages d’avion…). J’en ai fait l’amère expérience lors d’un saut de mur mal amorti sur le Mud Day ! 5 minutes à m’en remettre. Brillant, soyeux et d’une « humidité rosée » selon les mots de l’auteur, l’intestin serait également…. Nickel! En effet, sur toute la longueur de ce dernier, seul le dernier mètre du gros intestin est concerné par nos excréments. « En amont, tout est incroyablement propre (et quasiment sans odeur), le reste du métrage se contentant de traiter tout ce que nous avalons avec un dévouement et un élégance exemplaire », ajoute-t-elle.


    4. Vous n’avez pas mal à l’estomac !

    Main sur le ventre, tordu de douleur, vous vous écriez : « j’ai mal à l’estomac ». Il n’en est rien. Si la douleur est bien réelle, c’est plutôt au niveau des intestins que se situe le problème. L’estomac, lui, est situé bien plus haut que nous le pensons. Il commence un peu plus bas que le mamelon gauche et se termine au dessous de l’arc costal droit (les côtes, ndlr). Cette petite poche digestive en forme de ballon sert notamment à faire le tri entre les liquides et les solides. Les premiers passent sur la partie droite et vont directement aux portes de l’intestin grêle,  les seconds migrent vers la partie renflée de l’estomac, afin d’être malaxés et réduits en bouillie.


    5. Les graisses vont directement dans le coeur

    L’organisme est une machine fantastiquement bien huilée. Résultat ? On ne se soucie plus de rien et l’on pense qu’en ingérant les aliments, ceux-ci seront digérés et traités par l’estomac, puis l’intestin grêle. Oui, mais…. Pas les lipides ! Ils occupent en effet une place particulière. Contrairement aux autres nutriments (glucides, protéines…) les lipides ne sont pas solubles dans l’eau (faites le test en versant une cuillérée d’huile dans un verre d’eau) et pas assimilés par le sang. Ils ne peuvent donc passer par le foie, un des organes chargés de traiter les déchets,  et doivent emprunter un autre chemin, le conduit thoracique, lequel débouche… en plein cœur ! Les graisses, de l’huile de friture rance de 4 mois à l’huile d’olive la plus noble (vierge extra, 1ère pression à froid), les lipides passent directement par le cœur, Rodrigue. Réservons donc l’exception aux chaînes de (né)fast food et faisons des bons gras (avocat, huile de pépin de raisin, oléagineux…) la règle.

    Le saviez-vous ? Nous pouvons déglutir en faisant le poirier ! Pendant que l’on avale des aliments, l’œsophage s’ouvre et se referme pour laisser passer les aliments, de manière automatique. La pesanteur évite, au passage, le « retour à l’envoyeur ». Pour info, les savants préfèrent le terme de péristaltisme, phénomène désignant l’ensemble des contractions musculaires pendant la progression du bol alimentaire.

    Charles Brumauld (son Instagram)

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