Interview de Thierry Vallenet - Président d'Elancia

    Interview de Thierry Vallenet - Président d'Elancia

    Découvrez en exclusivité l'interview de Thierry Vallenet, Président d'Elancia, rencontre organisée grâce à Carole Muller, Responsable Marketing Opérationnel du groupe.

    Présentation d’Elancia

    Pourriez-vous vous présenter en quelques mots ?

    Je suis Thierry Vallenet, président d’Elancia . Mon rôle ? Animateur de talents qui partage un système de valeur autour du respect et de l’humanisme avec ses collaborateurs. J’ai également l’ambition de partager le goût et l’envie d’entreprendre avec eux, mon rôle est de voir loin, de leur montrer l’étoile et de les laisser naviguer vers celle-ci. 

    Je reste comme leader rassurant et je prends la barre si besoin. J’anime  en favorisant le développement personnel de chacun. 

    Pourriez-vous nous parler du groupe Elancia ? 

    Elancia est un réseau de salle de remise en forme qui se partage entre filiales et franchises sur un territoire élargi avec un positionnement très axé sport santé. 

    C’est une entreprise responsable dans son ADN à travers une offre qui permet à toute personne quel que soit ses conditions de forme, de santé ou d’âge d’accéder à une pratique d’activité physique adaptée et de l’intégrer dans son quotidien. Elancia veut permettre à tous de vivre mieux et  plus longtemps, traduisant une forme de responsabilité sociétale. C’est une responsabilité, un enjeu qui me motive et qui anime l’ensemble des équipes tous les jours pour créer des programmes sur-mesure à nos clients. 

    Pourriez-vous nous expliquer le choix qui a été fait concernant la forme de développement d’Elancia ? 

    Le groupe Elancia a été créé en filiale en 2003 et y est resté jusqu’en 2015. A partir de cette même année, alors qu’il y avait 14 enseignes Elancia, nous sommes partis sur une stratégie offensive de développement avec l’arrivée de franchises tout en continuant de développer les filiales. 

    Beaucoup diront que la filiale et la franchise sont deux métiers différents. Nous avons fait ce choix, qui est peut-être plus complexe, au nom d’une stratégie long terme. 

    Notre positionnement sport santé nous a valu d’être labellisé en 2016 et aujourd’hui nous sommes toujours le seul groupe à avoir obtenu ce label. Toutes les autres salles labellisées sont indépendantes.

    Ce positionnement permet de prétendre à l’ambition d’être demain reconnu comme un acteur de référence en matière de prévention santé par l’activité physique. Nous avons l’ambition d’être cet acteur à l’échelle nationale. 

    Pour cela, il nous faut maîtriser les territoires. Notre stratégie mixte s’explique pour cette raison, nous projetons un maillage du territoire national en filiale et une densification par la franchise. C’est une condition, à 10/15 ans, indispensable pour être cet acteur cible.

    Nous sommes sur un ratio de 3 filiales pour 2 franchises, ce qui donne un total de 33 filiales et 20 franchises. L’objectif est d’inverser le ratio pour arriver à 1 filiale pour 2 franchises. Si vous comptez le nombre de départements en France, cela vous donnera la finalité de notre stratégie de déploiement. 

    Comment se passe le recrutement des nouveaux franchisés ?

    Nous cherchons avant tout des personnes porteuses d’un véritable projet orienté autour des valeurs qui sont les nôtres : responsabilité sociétale, valeurs d’utilité et de service, altruisme. La notion de mieux vivre pour tous est très importante. Il faut aussi qu’il y ait un déclic, un feeling qui doit aussi évidemment être réciproque. 

    Nous avons des franchisés provenant déjà du milieu du fitness et qui nous ont rejoint avec leurs clubs. D’autres étaient en reconversion professionnelle et sur une deuxième partie de carrière. Tous sont passionnés de sport. Nous avons également des exemples de salariés, coachs qui sont devenus responsables de salles filiales puis chefs d’entreprise. Ils ont ensuite ouvert leur club Elancia en tant que franchisés quelques années après. Nous les avons accompagnés dans cette démarche. 

    Concernant l’avenir, certaines salles indépendantes, livrées à elles-mêmes et ayant vécu difficilement la crise rechercheront la sécurité et le soutien voire un nouveau positionnement Sport Santé. Nous serons tout à fait disposés à les accueillir au sein du réseau Elancia !


    Adaptation face à la Covid-19

    Quels changements avez-vous mis en place depuis le début de la crise sanitaire ? 

    Nous avons dédié une personne à temps plein à l’innovation de l’offre. Avant la crise, nous proposions une offre d’accompagnement avec un suivi individualisé en salle. La problématique suivante s’est posée : nous ne pouvions plus porter notre offre en période de fermeture. Il nous fallait donc rendre notre service compatible avec les abonnements de nos adhérents. 

    Nous avions depuis 3 ans un projet d’offre globale que nous avons pu lancer. Il s’agit d’un accompagnement à la fois en salle et en dehors. Nous avons saisi l’opportunité de pouvoir développer ce beau projet. Les programmes personnalisés et d’accompagnements par nos coachs se font maintenant en extérieur, à la maison et en club. 

    L’application Elancia s’est étoffée pour cela avec de nouvelles briques : 

    Les données d'entraînement de l’adhérent (ex : pendant un footing) sont remontées. Les coachs peuvent alors faire des bilans sur la base de données précises y compris en dehors du club

    Les adhérents peuvent amener partout où ils sont (maison, travail, vacances) leurs programmes personnalisés pour le suivre n’importe où. 

    Les outils digitaux nous ont permis de créer cette offre globale : vidéo à la demande, live, cours interactifs en ligne, coaching audio. Nous nous sommes davantage digitalisés pendant cette période. Notre application existait déjà mais elle a été fortement upgradée pour accompagner nos adhérents où ils veulent, quand ils veulent. 

    Cette alchimie crée une relation particulière, de confiance entre le client et son coach. 

    Quelles principales contraintes et/ou opportunités a généré cette situation ? 

    Cette crise est un accélérateur de projet et d’innovation pour Elancia, nous avons décidé de regarder le verre à moitié plein, plutôt qu’à moitié vide. En chinois, crise s’écrit  危机 (Wēijī) avec deux idéogrammes, l’un signifie danger et l’autre opportunité, nous préférons surfer sur les opportunités, voire les créer que vivre dans la peur du danger. 

    Pierre Mauroy, Premier Ministre français en 1981, a dit “La crise n'est pas comme une maladie dont on ne peut sortir : elle est comme une sorte de nouvelle naissance !”. Cette maxime nous ressemble bien, nous nous sommes réinventés. 

    Nous avons accéléré un autre projet qui est celui de la stratégie de communication, nous avons revu notre logo, notre ton d’expression, notre système identitaire. A la rentrée, nous avions alors une nouvelle identité, une nouvelle image, une nouvelle offre et nous avons même augmenté nos tarifs pour, selon nos prévisions à 4 ans, nous permettre de continuer notre développement. 

    Quels usages mis en place suite à la crise sanitaire vont rester sur le long terme ? 

    Tous les outils et projets mis en place vont perdurer puisque l’offre est stable et va encore continuer d’évoluer, et nous avons pour cela, déjà des idées plein la tête.

    Les seules choses qui ne pourront pas rester, ce sont les dispositifs temporaires mis en place comme la location de matériel.


    Tendances et perspectives 

    Quels outils vont devenir indispensables à la gestion client et à la fidélisation ?

    Tout ce qui permet de faire de l’activité physique à tout moment est indispensable.  Nous devons être capable d’exporter en tous lieux et tous temps ce que nous proposons aux adhérents. 

    A l’avenir, l’holographie et l’IA auront toute leur place. 

    Que pensez-vous de la place du mobile dans le parcours client ?

    Pour nous le mobile a une place indispensable dès l’inscription puisqu’il permet d’offrir une expérience à 360° et que c’est un véritable objet communicant, une interface avec tous les supports, ordinateur, TV…….mais aussi avec Elancia.

    Comment pensez-vous que le fitness va évoluer à la suite de cette période inédite ? 

    Je pense qu’on va vivre un grand mouvement psycho-sociologique mais je ne suis ni psychologue, ni sociologue ! Je suis plutôt optimiste, j’espère vraiment qu’il y aura une prise de conscience du grand public sur l’importance de la prévention santé avec notamment l’activité physique et le renforcement du système immunitaire. Des millions de personnes ont été sensibilisées au fonctionnement de ce dernier, notamment toutes personnes ayant été positive à la Covid-19. Nous avons d’ailleurs élaboré avec des praticiens de santé un programme de réadaptation Post Covid par l’activité physique car il nous tient à cœur de soutenir les personnes touchées par la COVID-19 en les accompagnant dans leur combat.

    Si le gouvernement communique en ce sens, et, au-delà des discours politiques, accompagne par des décisions et des actes une véritable avancée en prévention santé, nous verrons un monde du fitness qui évoluera vraiment vers le sport santé. 

    Le sport santé a été mis en avant en 2016 par des lois et amendements qui sont malheureusement restés du ressort du discours politique sans que les moyens aient été mis en œuvre. On a parlé de prescription, d'ordonnance, en écartant toute notion de prise en charge, donc cela fut un flop. Il faut peser sérieusement les enjeux et mettre les poids et contrepoids dans la balance, les coûts de fin de vie d’un côté, les coûts de la prévention par l’activité physique de l’autre.

    Pensez-vous que le sport santé va prendre de l’ampleur ? 

    Le sport santé va forcément prendre de l’ampleur et nous sommes, avec Elancia, au-devant de tout ça. La semaine dernière, nous avons pu rouvrir un club à titre expérimental pour tester un programme de réadaptation à l’effort, élaboré conjointement avec des praticiens de santé, auprès de sujets présentant un COVID long.

    Quels sont vos objectifs pour l’année en cours et l’année à venir ? 

    Notre premier objectif est de rouvrir tous nos clubs. Mais aussi d’ouvrir nos 2 clubs en attente de leur première ouverture. Nous avons également 3 projets de création en cours. 

    Comment évoluent ces objectifs au vu de la situation actuelle, notamment pour les ouvertures de clubs ? 

    Parce que nous savons que pour les clubs et enseignes qui n’auront pas géré cette crise en “bon père de famille”, la réouverture va être difficile. Nous avons fait nos bilans prévisionnels à 4 ans, tout en restant prudents, et ce sera notre feuille de route de réouverture et ouvertures 2021-2025.

    Chez Elancia, notre taux de résiliation s’est amélioré de 8% entre 2019 et 2020. Par contre, nous n’avons pas eu les inscriptions pour contrebalancer les résiliations, créant ainsi une perte nette de 20/25% d’adhérent. Donc le mal n’est pas dans les résiliations mais dans le manque d’inscriptions. 

    J’espère que l’on rouvrira bientôt dans des conditions acceptables. Il va se passer quelque chose d’inédit dans ce secteur du loisir sportif marchand. Il va y avoir un volume important de demandeurs en recherche de lieux de pratique, soit pour avoir perdu leur club définitivement fermé soit par déception de ce dernier dans la gestion commerciale de crise. C’est un nouveau contexte, et ce sera une première.

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