Interview de Nicolas Mousquès - Groupe Impulsion

    Interview de Nicolas Mousquès - Groupe Impulsion

    Découvrez l'interview de Nicolas Mousquès, président du Groupe Impulsion.

    PRESENTATION DU GROUPE

    Je suis Nicolas Mousquès, président du Groupe Impulsion et également gérant de 3 clubs Planète Fitness et 1 EasyFit.

    Le Groupe Impulsion rassemble quatre enseignes : 

    • Planète Fitness
    • EasyFit
    • Proxiforme
    • Et plus récemment, Run’Up, 13 clubs en Occitanie

    De manière générale, les enseignes de notre groupe sont assez premium avec des tranches tarifaires aux alentours de 40€. EasyFit se démarque à ce niveau là car c’est une enseigne plus accessible, sans coaching. Nous avons ouvert un club pilote il y a deux ans à Nîmes. Même si c’est en projet, nous n’avons pas encore ouvert d’autres clubs EasyFit car nous prenions du recul sur le concept et actuellement on se concentre beaucoup sur Run’Up. Toutefois, le concept EasyFit est réellement intéressant et permettrait à nos licenciés actuels d’acquérir un deuxième voir troisième club. 

    Proxiforme et Planète Fitness sont des clubs généralistes avec du service. Run’Up est une enseigne un peu plus haut de gamme avec par exemple des saunas. 

    Nous avons actuellement une cinquantaine de clubs, le développement est forcément à l’arrêt dû à la période donc nous en profitons pour rénover les clubs existants. D’ailleurs, pour nous accompagner dans tous les développements à venir, nous avons Sébastien Abrantes.


    Quel développement avez-vous choisi et pour quelles raisons ?

    Actuellement, nous avons 17 clubs en succursales et le reste des clubs est en licence de marque. Ce choix de fonctionnement au niveau du groupe a été mis en place dès le départ pour les licences. Il ne faut pas oublier que le développement en propre reste indispensable, nos licenciés et futurs licenciés ont besoin de voir que nous ne sommes pas simplement des franchiseurs mais aussi des gérants de clubs, comme eux, que l’on prend les mêmes risques qu’eux, c’est tout simplement une question de crédibilité et de confiance. 


    Quelle est la place d’impulse pour les différentes enseignes ? 

    Aujourd’hui, avec International Fitness Equipment nous sommes une centrale d’achat. Nous permettons à nos licenciés d’avoir des tarifs négociés avec tous les fournisseurs. Impulse Fitness fournit du matériel mais notre centrale d’achat va beaucoup plus loin avec les sols, les tourniquets, les cartes. Finalement, nous pouvons proposer une réduction des coûts à nos licenciés de 30 à 35 % lors de l’ouverture du club. Par exemple, sur notre prochaine ouverture, notre Flagship à Nîmes, ces économies d’échelle ont été très bénéfiques. 

    La rentabilité se trouve en effet dans les économies d’échelle puisque que nous référençons nos propres fournisseurs, les produits sont tous de la même qualité. Et c’est indispensable pour les licenciés car c’est la seule partie sur laquelle l’impact financier peut vraiment varier : 

    • Un bon emplacement a son prix
    • La masse salariale a également son prix 
    • L’investissement reste donc la partie la plus négociable 

    Finalement, la seule solution que nous ne proposons pas en interne à nos licenciés est l’application mobile et le logiciel de gestion. Pour cela, on passe par Club Connect, Resamania et/ou Heitz. C’est une expertise très spécifique qui demande d’être réactif et d’avoir des équipes techniques dédiées. 


    Quel profil ont les gérants que vous recrutez ? Cela peut-il varier selon les différentes enseignes ?

    Nous avons beaucoup de candidatures de profils différents. Ce que nous allons rechercher ce sont des personnes qui savent gérer des business (fitness ou non), des personnes qui étaient coachs ou des couples qui veulent changer de vie, qui étaient coachs et qui veulent aller au-delà. Ce qui va être très important, c’est de voir que le/la futur(e) gérant(e) est dans l’ADN du groupe. Finalement, c'est à peu près la même chose que pour un recrutement en entreprise, il faut que le profil du candidat corresponde à l’entreprise et à ses valeurs pour maximiser les chances de succès du projet. 

    Lorsque l’on reçoit les candidats en entretien, on étudie leur profil, leurs envies et en fonction de cela on peut les orienter vers une enseigne plutôt qu’une autre : 

    • EasyFit sera davantage pour les profils investisseurs puisqu’il n’y a pas de coach ni de service, le candidat cherchera avant tout la rentabilité. 
    • Proxiforme et Planète Fitness demandent du service donc le candidat doit être une personne qui apprécie recruter et qui sera présente au quotidien
    • Run’Up est un concept avec du service mais il n’y a pas forcément de cours collectif, nous recherchons donc des personnes passionnées qui vont pouvoir manager une équipe


    ADAPTATION FACE A LA CRISE SANITAIRE


    Quelles adaptations ont dû être mises en place par les clubs depuis le 1er confinement jusqu’à aujourd’hui ? 

    Pendant la première période de confinement, nous avons directement su réagir avec des cours en live, plus de 20 cours par semaine par exemple sur Nimes. Nous avons également maintenu notre service client pour répondre aux questions de nos adhérents. Nous avons aussi mis en place du coaching à distance, nous envoyons un programme par jour (“mon programme du jour”) via l’application mobile Club Connect.

    Puis pendant ce deuxième confinement, nous avons poursuivi nos efforts, par exemple nous proposons LesMills onDemand mais nous essayons de proposer un maximum de live en parallèle car nous savons que c’est important pour nos adhérents de voir leurs coachs. Cela permet de garder le contact humain. 

    Le sport à la maison c’est une bonne chose mais ce n’est pas suffisant, nous avons besoin d'interaction sociale, les adhérents ont besoin d’être encadrés donc cette partie sport à distance, VOD, c’est un très bon complément pour les vacances, pour les jours où on finit trop tard mais ça ne remplace par un cours en salle avec les autres adhérents et les coachs. 


    Avez-vous remarqué une hausse des abonnements entre les deux périodes de confinement due à la découverte du sport à la maison ?

    Cette période (de juin à septembre) avait un climat très anxiogène, c’est habituellement une période avec moins de nouveaux prospects donc forcément ça a été d’autant plus le cas cette année. Je pense qu’on pourra constater l’impact de la découverte du sport via le sport à la maison en mars ou avril 2021 mais pas avant. 

    Il faut désormais préparer nos stratégie sur le moyen et long terme, attendre de voir s’il y a “une troisième vague” et continuer d’anticiper avec des objectifs temporels : des rénovations, l’adoption de nouvelles technologies. 


    Quelles sont les contraintes et/ou opportunités générées par cette situation ? 

    Contrairement à d’autres enseignes, cette période ne nous a pas permis de digitaliser notre groupe car ce processus était déjà entamé. La fermeture des clubs nous permet de rénover, faire des travaux et de travailler sur des projets pour lesquels on ne prend pas forcément le temps habituellement. 

    Du côté des contraintes, nous avons comme tout le monde des pertes financières mais je pense que l’impact va être réellement catastrophique pour les mauvais clubs ou les clubs avec un service qui laisse à désirer. Le milieu du fitness a déjà connu cet effet là avec la vague BasicFit qui a révélé au grand jour les clubs qui n’étaient pas forcément au niveau. 

    Pour ma part, je trouve qu’il est indispensable de toujours se remettre en question. Je me mets à la place d’un adhérent et je me demande pourquoi je choisirai mon club plutôt qu’un autre, si pour un tarif similaire, j’ai un meilleur service ailleurs, je vais forcément choisir cet autre club. La remise en question doit être quotidienne. 


    Quels sont les outils privilégiés pour communiquer avec les adhérents en période de fermeture ?

    Nous avons principalement utilisé les réseaux sociaux et l’application mobile, ce sont des outils qui étaient au préalable correctement utilisés par nos adhérents.


    Avez-vous ou allez-vous mettre en place de nouveaux outils au niveau digital pour accompagner votre réouverture ? De manière plus générale, comment préparez-vous la réouverture ? 

    L’accompagnement en club va rester assez similaire car il était déjà bien présent. Nous allons évidemment respecter les normes d’hygiène recommandées par le gouvernement mais cela va être assez facile car notre protocole est déjà assez strict habituellement, nos clubs sont très propres. 

    Il ne faudra pas négliger la phase d’accueil en club et au final cela consiste à continuer à faire notre travail, toujours aussi bien. 

    Du côté digital, nous allons garder nos habitudes, notre communication en ligne et ce que nous allons sponsoriser ne changera pas. Il est important de conserver une continuité. 


    TENDANCES ET PERSPECTIVES POUR LE MILIEU DU FITNESS 


    Quels outils vont, selon vous, devenir indispensables à la gestion client et à la fidélisation ? 

    Avec le Groupe Impulsion, la démarche de digitalisation était déjà bien entamée. Nous allons déployer cela davantage sur l’ouverture prochaine de notre flagship à Nîmes. 


    Vous avez récemment repris les clubs Run’Up, quel positionnement comptez-vous donner à l’enseigne ? Comptez-vous mettre en place des changements significatifs pour la gestion clientèle ? Si oui, lesquels ? 

    Nous sommes en train de rénover 4 clubs sur les 13 que nous avons récemment acquis. Nous souhaitons donner une dimension lifestyle à nos clubs en proposant une belle expérience : peu de monde, esprit tranquille, cours qualitatifs, serviettes, bouteilles, café. Nous voulons que ce soit tout sauf impersonnel. 


    Comment envisagez-vous la place du mobile dans le parcours client ?

    L’usage mobile est plus important dans un club qui propose des cours collectifs afin de prolonger cet usage à la maison. Des personnes venant en club pour faire leur entraînement d'haltérophilie seront moins séduites par des lives ou des replays de cours, c’est alors à nous de faire le travail nécessaire pour les intéresser même en ligne. 


    Comment pensez-vous que le milieu du fitness va évoluer à la suite de cette période inédite ?

    Les grands groupes vont continuer à se développer. Je pense également que la part de franchisés et d’indépendants va évoluer toutefois ce sera le cas uniquement pour les clubs qui sont au rendez-vous en termes de service de qualité.


    Quels sont vos objectifs pour l’année en cours et l’année à venir ? Comment évoluent ces objectifs au vu de la situation actuelle ? 

    Nous souhaitons atteindre 100 clubs d’ici 3 ou 4 ans, actuellement le développement est forcément à l’arrêt. Nous sommes confiants car nous avons beaucoup de demandes en attentes de gérants pour ouvrir des clubs. 

    Nous sommes en train de travailler sur l’ouverture de notre flagship à Nîmes, c’est 2 700 m² de sport et bien être avec notamment une salle de pole dance, un restaurant, de la réalité virtuelle, beaucoup de nouvelles technologies

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