Sport & Vin : une liaison dangereuse ?

    Sport & Vin : une liaison dangereuse ?

    Né bien avant l’an 0, ayant voyagé de la Mésopotamie à l’Europe en passant par l’Egypte et maintenant en Australie, au Japon ou encore en Chine, ayant survécu à des menaces comme le phylloxera ou aujourd’hui les pesticides, le vin se présente à notre table comme le noble vainqueur de l’espace et du temps, à l’image du terroir de notre beau pays. Qui n’a pas déjà observé sa couleur à la lumière, senti la complexité de ses arômes, contemplé sa robe pourpre en le faisant tournoyer élégamment dans son joli verre à pied, remué dans sa bouche cet élixir de jouvence ?


    Si attrayant, n’est-ce pas, et pourtant on entend encore en soi l’écho des mises en garde journalières… « L’alcool, c’est pas pour les enfants ! », « Fais attention à ta ligne ! », « Tu bois trop, chéri(e)… ». Et nous, sportifs que nous sommes, nous ne pouvons nous empêcher d’avaler de travers cette dernière gorgée de Côte de Nuits qui nous faisait tant de l’œil, en pensant à la fatigue musculaire et à la bidoche qui nous guettent peut-être. 

    Les vices du vin à table

    Qui dit vin dit alcool, or on est plutôt averti par les nouvelles mesures de prévention que l’excès d’alcool est néfaste pour notre santé : troubles respiratoires, irritation de l’estomac, augmentation de la pression sanguine… Pas génial pour la performance ! D’un point de vue biologique, l’alcool ingéré prend la forme d’enzymes attaquant les organes et favorisant la synthèse d’acides gras dans le foie, dont les cellules deviennent alors excessivement porteuses de graisses : le foie est atteint de stéatose, qui à terme peut dégénérer en cancer. De plus, une autre enzyme spécifique est créée pour éliminer les surplus d’alcool, et réitérer des excès dans sa consommation d’alcool rend sa production plus importante, ce qui élimine l’alcool plus vite dans le sang, donc nous fait boire plus avant d’avoir la tête qui tourne sérieusement. C’est le début de l’accoutumance !

    Si vous n’êtes pas un gros buveur, attention néanmoins aux effets plus immédiats de l’alcool. Si vous ne buvez que du vin à table après un footing, sachez que l’alcool déshydrate et, en empêchant l’élimination de l’acide lactique, il ne rendra les crampes et douleurs musculaires que plus fortes ! Alternez avec des boissons sans alcool, l’eau minérale étant recommandée. Egalement, si après un gros effort vous voulez passer une bonne nuit, évitez l’alcool ; en effet, il perturbe les cycles du sommeil, et le moment de se lever sera plutôt laborieux. En revanche, un peu d’exercice physique les matins de gueule de bois peut faire beaucoup de bien en améliorant la circulation sanguine.

    Enfin, prendre du vin à table peut faire grossir. En fait, tout dépend du vin que vous prenez : si l’éthanol (alcool) est calorique, les vins plus liquoreux donc plus sucrés contiennent aussi plus d’hydrates de carbone, porteurs de calories. De même, un vin plus sec (quand la teneur en sucres naturels est inférieure à 2 grammes par litre de vin) sera moins calorique. Ainsi, si un verre de vin rouge ou de vin blanc sec contient autour de 70 kcals, un verre de moelleux peut contenir 100 kcals. Entre deux bouteilles, à vous de voir !

    Richesses de la terre dans un verre

    C’est le French paradox : les Français ont beau être de gros consommateurs de matières grasses, ils sont moins sujets aux problèmes cardiovasculaires que d’autres populations plus rigoureuses dans leur hygiène de vie. Certains experts l’expliquent par la consommation des Français… en vin !

    En effet, on oublie trop souvent que le vin porte en lui des minéraux et oligoéléments présents dans la vigne. Si ces vertus sont entachées par la controverse liée aux pesticides utilisés dans les vignobles, qui se retrouvent pourtant en quantité tout à fait négligeable dans le verre (mais plus importante dans l’environnement du producteur…), de nombreuses études ont permis d’attribuer au vin des qualités nutritionnelles. En effet, on peut noter sa teneur exemplaire en vitamine B, participant au bon fonctionnement du système nerveux, à la production d’énergie et à la prévention des maladies cardiovasculaires, et en sels minéraux (potassium, magnésium…) qui sont réputés comme étant bénéfiques pour le sang, les os, le cœur, les muscles… Et c’est sans parler de sa teneur en oligoéléments comme le zinc ou le fer qui participent à la constitution des os, des tissus et des cheveux. Ami sportif, lève ton verre !

    Néanmoins, comme dans le chocolat, c’est la présence des polyphénols dans le vin qui a contribué dernièrement à redorer le blason de ce produit ancré dans la tradition. Ces agents antioxydants ralentissent le vieillissement cellulaire et veillent ainsi au bon fonctionnement du cœur et du cerveau. Mais la teneur en polyphénols varie d’un vin à l’autre : côté vins rouges, on trouvera souvent bien plus de resvératrol (polyphénol du vin rouge) dans un Bourgogne ou un Bordeaux que dans un Beaujolais. Mais contrairement à ce qu'on pensait il y a quelques années à peine, le vin blanc n’a rien à envier au rouge là-dessus ! Il contient en effet du tyrosol et de l’hydrosytyrosol qui préviennent tout autant l’obstruction des artères et les maladies cardiaques que le resvératrol. Mais là encore, on notera que les vins blancs de France, d’Italie et d’Allemagne sont souvent plus riches en ces agents antioxydants que d’autres vins commercialisés dans le monde.

     

    Le vin à table n’a donc rien de fâcheux du moment que l’on sait en contrôler sa consommation. En ces fêtes de fin d’année, place à la convivialité ! Trois à quatre verres un même soir deux ou trois fois dans le mois sont encore tolérables. Mais si cela varie d’une personne à l’autre, la quantité de vin idéale chaque jour est d’environ un verre, parfois deux pour les hommes. A ce stade-là, vous pouvez toujours prétendre à un mode de vie healthy. Mais n’allez pas croire qu’en s’abstenant la semaine vous pourrez en prendre sept d’un coup le dimanche venu, votre organisme ne va pas apprécier !

     

    Gwenaëlle L.

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