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Je l'ai fait ! Mon premier trail !

Je l'ai fait !  Mon premier trail !

Bien que je ne sois pas une mordue du running, l'idée de me challenger sur un trail, qui plus est en Guadeloupe, m'a séduite. Entre dépassement de soi, paysages magnifiques, grognements, lamentations et plaisir, j'ai découvert une discipline authentique et technique, bien plus amusante et intéressante à mon sens que la course à pied. Récit.

N'étant pas une runneuse dans l'âme, c'est un peu à l'arrache que je me suis inscrite au Trail de La Coulisse, dans la région verdoyante de Basse-Terre en Guadeloupe. Influencée par mon cher et tendre passionné par cette discipline, j'ai accepté de tenter l'aventure sur le 10 km (le format découverte) à Trois-Rivières au beau milieu de 15 jours de vacances. Sportive oui, l'explosivité, la haute intensité, c'est mon truc ; courir en rond sur un stade, sur un tapis ou dans un parc, en revanche cela relève de la punition, non seulement j'y prends peu de plaisir, mais en plus j'ai mal aux jambes et mon coeur en a rapidement ras le bol. Mais là pas trop le choix à peine un mois avant le jour J, que de chausser mes baskets pour faire autre chose que mes HIIT, et aller courir entre 30 min et 40 min avec des pauses justifiées (une photo pour Instagram, un lacet qui se défait, un canard trop mignon) et quelques accélérations pour faire un semblant de fractionné.

Jour J

Autant dire qu'arrivée le jour du Trail, je me sens un peu comme une imposture voire comme une touriste, la preuve j'en ai même oublié ma carte d'identité (mon chéri a cru que je lui faisais une blague, mais même pas). Heureusement, personne ne me la demande lorsque l'on retire les dossards. En revanche, le staff contrôle que nous ayons au minimum par personne un litre d'eau et un téléphone portable. Pour ce dernier je suis au point, pas de soucis. Pour l'eau, on aurait pu miser sur un camelbak, mais tant pis on portera les bouteilles à la main, (ok j'avoue, c'est la partie masculine de mon couple qui portera les bouteilles à la main, et qui récupèrera aussi le portable).

Départ

8H30 nous voici sur la ligne de départ, je ne suis plus tellement stressée, tout le monde a l'air content d'être là, et je remarque que contrairement aux courses à obstacles, tous les hommes portent un t-shirt (plus facile pour y épingler le dossard). Les participants aux 19km partent en premier et nous sommes une petite centaine à prendre le départ des 10 km, qui bien qu'il soit un trail de « découverte » semble accueillir aujourd'hui qu'une seule débutante : moi.
Les deux premiers kilomètres se font dans le plaisir et l'allégresse, je galope tel un petit cabri. La fraicheur de la jungle, ses chemins escarpés avec des racines et des cailloux me mettent plutôt en joie. Le seul problème c'est que je n'ai aucune notion des distances et que je suis persuadée qu'on a fait au moins 5 km ; que nenni !

Chaleur

Sortis de la jungle, on passe par une route goudronnée, mais avec un dénivelé qui me donne envie d'arrêter. Il est 9h et des bananes et il fait déjà 28 degrés, arrivée au 3ème kilomètre je marche un peu, mon coeur s'est emballé et j'ai chaud, tellement chaud. Bingo 600 mètres plus loin il y a les premiers « ravitaillements », de l'eau qu'on nous verse sur la tête et le corps, ça fait du bien ! Les prochains 800 mètres, toujours sur le goudron, on les parcourt en alternant run et marche, je peste, même si on voit la mer et que c'est beau.

Technique

Retour en forêt où sur 400 mètres nous passons de rocher en rocher sur une rivière, ça glisse, on crapahute, je dois faire attention à ma cheville tout juste convalescente, mais j'aime bien ce petit côté aventure et je repars de plus belle avant de monter à une échelle (et après coup je me demande comment mon binôme s'est débrouillé avec toutes les bouteilles et les téléphones pendant que je montais comme un petit singe). Les prochains kilomètres alternent champs avec des vaches, forêt et champs de cannes à sucre. Les paysages sont vraiment beaux et on ne souffre pas trop de la chaleur, mais les dénivelés sont bien marqués et mes cuisses comme mon coeur les sentent bien passer. En trottinant j'essaye de regarder à la fois là où je mets les pieds car le terrain est tout sauf stable et semé de petites embûches, et de profiter un maximum des paysages magnifiques et verdoyants.

Des larmes au rire

Au 9ème kilomètre je commence à bien fatiguer et nous longeons le littoral, c'est superbe mais je passe les rochers avec plus de difficultés et moins d'énergie ; il s'agirait de ne pas se vautrer sur les derniers mètres. S'en suit l'enfer, la dernière côte, celle qui n'en finit pas, où vous avez l'impression que le soleil a fait exprès de se mettre juste au-dessus de vous, que tout vous énerve, ras le bol de la verdure, maudites cannes à sucre, vous avez juste envie de faire un gros ouin-ouin en vous roulant part terre. L'arrivée n'est plus loin, le dernier « allez ma chérie c'est presque fini! » vous ramène à la vie (non non je n'exagère absolument pas). La ligne d'arrivée est enfin franchie et je sens une larme rouler sur ma joue lorsque je prends doucement conscience du challenge que je viens de boucler, soutenue par le bras d'un côté par mon chéri et de l'autre par une dame pompier qui veut s'assurer que tout va bien. C'est fou comme les difficultés rencontrées s'évaporent d'un seul coup laissant place à l'émotion et la satisfaction. Je n'aime toujours pas courir, mais le Trail est une discipline que j'aurais envie d'explorer, tant le défi, la nature et la technique m'ont plu. Mais cette fois je m'entrainerai en running ! (ou pas).

Un grand merci à P. le plus patient et encourageant des binômes.

Sophie Vilmont 

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